TOUMAÏ : 24 ANS APRÈS, “L’ESPOIR DE VIE” DU TCHAD CONTINUE DE RÉÉCRIRE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ.

Découvert en 2001 dans le désert du Djourab, Toumaï n’a pas fini de livrer ses secrets. Ce crâne de 7 millions d’années, baptisé Sahelanthropus tchadensis, reste l’une des plus grandes découvertes paléoanthropologiques du XXIᵉ siècle et place le Tchad au cœur des origines de l’humanité.

Exhumé par la Mission Paléontologique Franco-Tchadienne, Toumaï succède à Tchadanthropus uxoris en 1961 et à Abel en 1995. Avec lui, le Tchad confirme son statut de terre-mère de l’humanité. Mesurant environ 1 mètre pour 35 kg, Toumaï présente des traits étonnamment “humains” : petites canines, visage peu prognathe et surtout un trou occipital repositionné, indice fort d’une bipédie naissante.

Si l’absence d’os des membres empêche une certitude absolue, les scientifiques s’accordent : Toumaï appartient bien à la lignée humaine.

Sa découverte à plus de 2 500 km du Rift est-africain a ébranlé les certitudes. Le paléoanthropologue Yves Coppens a même dû réviser sa célèbre théorie de “l’East Side Story” qui cantonnait les premiers hominidés à l’Est du continent.

Son nom, “Toumaï”, signifiant “espoir de vie” en gorane, lui a été donné par le feu Maréchal Idriss Déby Itno. Comme l’enfant né avant la saison sèche, il est le symbole de la résilience.

Loin du désert actuel, le Djourab il y a 7 millions d’années était une mosaïque de lacs, rivières et forêts. Les fouilles y ont révélé plus de 2 000 fossiles : crocodiles, hippopotames, éléphants primitifs, girafes, mais aussi tigres à dents de sabre et anthracothères. Un trésor qui aide à reconstituer les paysages et les migrations entre l’Afrique et l’Eurasie.

Près d’un quart de siècle après, Toumaï demeure l’ambassadeur scientifique du Tchad. Dans les profondeurs de son désert, le pays conserve une page essentielle de l’histoire de l’homme.

Par :Gaktoua Assane Jérémie/Tchad-View Média