Portrait : Louis Ozokpor dit « Américain », l’un des pères fondateurs de la photographie au Tchad.

Avant même que la photographie ne devienne un métier à part entière au Tchad, un homme en jetait déjà les bases : Louis Ozokpor, que tout le quartier sénégalais de N’Djaména surnommait « Américain ».

Originaire du Nigeria, Louis Ozokpor s’installe au Tchad à une époque où posséder une photo relevait presque du luxe. Lui y voit plus qu’un outil : un art. Il ouvre alors l’un des tout premiers studios photo du pays. Avec patience, il apprend aux Tchadiens à se voir, à garder une trace des moments importants de leur vie.

Son studio, niché dans le quartier sénégalais, devient vite incontournable. On y venait pour immortaliser un mariage, un baptême, un portrait de famille. À chaque cliché, « Américain » construisait un peu plus la mémoire visuelle d’un pays qui découvrait l’image.

Mais son plus grand héritage ne tient pas qu’à ses appareils. Il le transmet. Dans son atelier, son fils Alhadj Onyemaechi Ozokpor grandit entre les flashs et les tirages. C’est là qu’il fait ses premiers pas, avant de reprendre le flambeau et de devenir lui-même une référence de la photographie tchadienne. De père en fils, un savoir-faire venu du Nigeria a pris racine au Tchad.

Aujourd’hui encore, dans le quartier sénégalais, dire « Américain » c’est évoquer le pionnier. Celui qui, parti de loin avec son objectif, a contribué à écrire les premières pages de l’histoire visuelle du Tchad.

La Rédaction